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Non à l’internet censuré !mercredi 12 février 2003
Imprimer La ligue Odebi et la Fil vous invitent à vous joindre à la campagne de pétition et de bannières pour contrer le projet de Loi « pour la confiance dans l’économie numérique » du gouvernement qui doit passer en première lecture à l’assemblée le 25 février. Il s’agit rien moins que d’empêcher le législateur de faire de l’internet français une « zone de non-droit à la liberté d’expression « , et de refuser l’instauration généralisée d’une censure privée qu’essaie d’imposer en force le lobby des industries culturelles pour protéger. Il faut nous mobiliser de toute urgence et mobiliser autour de nous sans tarder !!!! Signez la pétition pour vos assos ET individuellement, envoyez votre logo, installez les bannières ou popups de la campagne sur votre site, diffusez l’info, et si vous avez d’autres idées n’hésitez pas à vous manifester. http://odebi.nerim.net/0forumr12/0f…
Cette pétition est en ligne depuis le 17 janvier et a déjà recueilli le soutien de nombreuses associations, ONGs et collectifs, et des milliers de signatures individuelles. QUELQUES EXPLICATIONSDe quoi s’agit-il ? Du retour, entre autre, de la censure sur l’internet. Faute de pouvoir convaincre leurs opposants, le gouvernement et les intérêts commerciaux qu’il défend veulent en effet leur retirer les moyens de s’exprimer. Tout simplement. Le Conseil Constitutionnel a eu beau invalider systématiquement les précédentes tentatives allant dans ce sens, il est en effet de nouveau question de faire porter la responsabilité d’un « contenu » sur les « prestataires techniques » (imprimeurs ou diffuseurs) . Ceux qui ont suivi ces affaires par le passé et se souviennent de l’amendement surnommé « Bloche m’a tué », énième ressucée des « diligences appropriées » et de la question de la responsabilité des « intermédiaires techniques » (FAI, FSI, webmestres, responsables de forums, etc.), savent l’importance de la chose [1]. La LEN impose ainsi aux intermédiaires techniques (non définis dans le
texte) de jouer le rôle de juges/censeurs de proximité, c’est-à-dire de
couper un contenu sur demande anonyme d’un tiers l’estimant illicite,
faute de quoi il engagerait sa responsabilité civile et pénale.
C’est, en l’absence de tout contrôle judiciaire, livrer l’internet et l’expression de tous à la loi de l’arbitraire et de la censure la plus dangereuse. A qui donc profite le crime de lèse-liberté ? Complétant ces articles (43-8 et 43-9) de la LEN, l’article 43-12 est on ne peut plus explicite, taillé sur mesure pour répondre aux demandes des producteurs de « contenus culturels » et des encaisseurs de « droits », qui ne cessent depuis des mois de hurler aux pirates. Il leur concède l’usage du référé accéléré permettant, avant tout jugement de fond, de « faire cesser un dommage ». Et quel dommage ? » stocker (un) contenu ou, à défaut, cesser d’en permettre l’accès « . Rappelez vous, fin janvier, Pascal Nègre, président d’Universal France, demandait qu’on filtre le Net pour protéger ses intérêts ! Le gouvernement donne ainsi aux producteurs de contenus, et à leurs représentants, la Sacem, le CLIC (Comité de liaison des industries culturelles), la BSA (Business Software Alliance) et consorts, des moyens légaux visant à filtrer et censurer l’internet. Ce faisant, il offre aux censeurs de tous poils de faire ’régner l’ordre’ sur le Net français. Faire courir de tels risques à la liberté d’expression, d’information et d’opinion relève de l’incompétence ou de l’inconscience politique, et nous avons toutes raisons de nous inquiéter. Que les parlementaires français qui ont la responsabilité des lois comprennent bien qu’il est ici question de faire d’internet, ce qu’on lui reproche trop souvent d’être, une zone de non- droit pour la liberté d’expression et d’information ! Comment en arrive-t-on là ? A la faveur du 11 septembre, le « front sécuritaire » s’est donné tous les moyens pour contrôler et réprimer les populations [2]. D’autre part, la globalisation économique est en « état de guerre » [3]. Une guerre où les lobbies, extrêmement puissants, des industries culturelles, des TIC (Technologies de l’Information et des Communications) ainsi que de l’agro-pharmaco-chimie (à qui l’on doit les OGMs et les semences trafiquées) livrent actuellement une terrible bataille pour lever les derniers obstacles à l’exercice inconditionnel de leurs monopoles exclusifs. Ces monopoles se fondent sur ce qu’on pourrait appeler des « droits voyoux » : droits d’auteur, des marques et des brevets, qui appliqués à l’excès, ne protègent plus ni l’intérêt public, ni les auteurs, ni la concurrence, ni les citoyens, mais les monopoles et eux seuls. On le voit dans le domaine du droit d’auteur, où les majors américaines légitiment par une nécessaire et consensuelle » guerre aux pirates » (écho de la » guerre au terrorisme), la mise en place d’un système de contrôle et de sanctions qui nie l’essence même du droit d’auteur et n’est ni plus ni moins que la création d’une police/justice privée, au dessus de la justice des états. Ces lobbies exercent actuellement une énorme pression sur les législateurs :
Le PLDA s’apprête à donner aux producteurs de » contenus et produits culturels » des moyens de coercition inédits et totalement abusifs – les mesures techniques de protection – se substituant à la loi et évacuant le contrôle judiciaire à priori qui seul garantit un fonctionnement démocratique et équitable pour tous. Hollywood and Co entendent ainsi pouvoir jouer au shérif, sur le net et partout. Nous voyons à cela quelques petits problèmes
Quels que soient les intérêts en jeu, l’état ne peut, sur la base d’étude et de chiffres douteux fournis par les intéressés eux-mêmes, accepter qu’une justice privée se substitue à la justice. On sait que les multinationales et le marché » font la loi » au sens figuré. Quant à les laisser » faire la loi » au sens propre, ce serait un aveu terrible d’impuissance du politique, et il conviendrait alors de le faire savoir au plus grand nombre et par tous les moyens. Le PLSI pour terminer. Il conforte le PLDA en inscrivant dans une loi concernant la « sécurité » et déterminant les pouvoirs des services de maintien de l’ordre, un article créant un nouveau délit de « contournement de mesures techniques de protection » là encore sans définition stricte de ce que recouvrent ces mesures et de ce qu’est un contournement. Une telle mesure doit être dénoncée car elle induit des risques de dérapages considérables. De plus, le PLSI fait peser sur les FAIs une autre lourde responsabilité : celle de conserver, préserver et » mettre à disposition » par voie électroniques les données de communication requis par les services d’investigation selon des termes précisés par la loi. Alors des FAIs juges de proximité ? censeurs ? auxiliaires de police ? et en même temps dépositaires des correspondances de leurs abonnés, et à ce titre tenus de par le Code des Télécommunications, et leur propres chartes de déontologie, d’en assurer la sécurité et la confidentialité. Ne pas le faire, déclencherait, c’est certain, la colère légitime des internautes. Au total, c’est un véritable rideau d’e-fer que le législateur est en train d’abattre, texte après texte, sur le net français. Si nous laissons faire cela, c’est le web libre, celui des internautes et du non-marchand qui disparaît. Restera l’internet du commerce et du flicage en ligne… [1] cf Les amendements » Bloche m’a tuer » : http://www.uzine.net/rubrique30.html, Vos papiers http://lantre.org/vospapiers/, LEN /EUCD même combat : vie privée et liberté des acteurs du Net en danger http://www.vie-privee.org/comm109 [2] voir les communiqués de LSIjolie.net et de la FIL vie-privee.org [3] voir eucd.info [4] projet de Directive sur la PI [5] voir le communiqué et analyse de la Fil : http://www.vie-privee.org/comm109 [6] voir le dossier complet sur le PLDA : http://www.eucd.info [7] voir PLSI l’Ere du Soupçon : http://www.vie-privee.org/comm55
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Opération « Coodgle » : pourquoi tant le LEN ?
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